mardi 5 novembre 2013

aventures sociologiques

Aucune nouvelle depuis notre retour. Tout va bien, très bien meme, mais la conjonction de tout un tas d'éléments fait que je n'ai pas passé beaucoup de temps à faire autre chose que travailler ou jouer avec la famille. Pour la famille il y a l'autre blog. Peu de mots, mais les photos donnent une idée des bons moments qu'on partage. Pour ce qui est du travail, si vous n’êtes pas intéressés, c'est l'heure de raccrocher.

Ce semestre donc je prends trois cours alors que dans le passé j'en prenais deux seulement. Au printemps dernier je n'en avais meme qu'un et demi alors que cette fois c'est trois vrai cours. Ouch!!

- "Hazards and disasters": sociologie des catastrophes naturelles et technologiques. La prof est connue dans le monde entier, a étudié toutes sortes de désastres dans le monde entier depuis 40ans. Elle est directrice du centre de recherche de Boulder sur le sujet, le deuxieme plus important du pays. les catastrophes, "naturelles" notamment c'est une réalité beaucoup plus concrète aux US qu'en europe avec des tornades, sécheresses, incendies et tremblements de terre d'une magnitude et d'une fréquence beaucoup plus importantes qu'en Europe. Le cours avait juste commencé et il est tombé l'eau qu'il tombe en un an (et en grande partie sous forme de neige normalement), en 36h, soit 70cm. Inondations incroyables, des villes entièrement ravagées pas loin de Boulder, des villages rayés de la carte dans les collines au dessus, et une prof super excitée pour qu'on trouve tous des projets de recherche. Mon projet de master est né. La ville a fermé tout accès aux parcs pendant plusieurs jours puis certains sentiers. deux mois après les inondations il y a toujours 30% des sentiers interdits, ce qui rend certains coureurs et grimpeurs bien énervés. Je vais étudier ce qu'on appelle Open Space, toutes les terres publiques de la ville et du conté, payées par une taxe sur a consommation, qui peuvent avoir plusieurs utilités: terres agricoles, reserves totalement interdites, zones spéciales interdites la nuit, ou au printemps, zones pour vtt, pour chiens ou sans chien etc. Plusieurs visions de la définition du mot nature, parfois conflictuelles et irréconciliables, du parc d'amusement au sanctuaire interdit. Les inondations et l'interdiction temporaire sont seulement une occasion de révéler ces tensions et visions divergentes. Plusieurs profs adorent l'idée. Ca pourrait faire un joli petit morceau de sociologie de Boulder car Boulder est probablement la seule ville aux US qui possèdent et preservent tant d'espaces naturels tout autour du centre ville gràce à de l'argent public et es décisions prises dans les années 70 de figer le POS. En meme temps Boulder est considérée comme une des ville les plus écolo des US, est la ville la plus "éduquée" des US, et n'est pas moins célèbre pour son lot de courreurs, vttiste et autres athlètes pros ou juste fou furieux qui courent 100 à 150km par semaine et se sont retrouvés du jour au lendemain sans leur jouet, démunis de leurs moyens d'entrainements (plus de routes de montagnes, plus de sentiers, plus d'accés aux sites d'escalade). Le but est de défendre mon master en décembre l'an prochain.

- le deuxième cours est un cours de méthode de recherche, ethnographie, interviews, observation participante, la boite à outil de la sociologie qualitative (à l'opposé des statistiques et des modèles mathématiques que je déteste). Cuors très concret pour lequel on doit etre sur le terrain à pratiquer plusieurs heures par semaine et rendre des notes d'observations toutes les semaines.  Il fallait donc trouver un sujet. Evidemment j'observe et collecte des infos pour mon master. Débats publics (réunions publiques de la mairie et du groupe en charge des parcs de la mairie), bénévolat pour réparer les chemins interdits, et depuis une semaine j'ai commencé des interviews. Il en faudra environ 40 pour passer à l'analyse et écrire mon mémoire.  Qu'il va d'ailleurs falloir retranscrire exactement pour analyse. En moyenne il faut à un nul comme moi 3-4h pour transcrire une heure d'interview. 40*1h-1h30 soit entre 40 et 60h d'enregistrement, ça va faire entre 120 et 240 heures pour tout taper. Youpi!!!

-le troisième cours ce semestre est ce qu'on appelle "independant study". J'ai contacté un prof et lui ai demandé s'il voulait travailler avec moi sur un thème qui m'intéressait mais qui n'est pas enseigné. Sociologie des sciences et construction du savoir. Beaucoup plus théorique cette fois, mais ça deviendra pratique plus tard que je reviendrai au projet des abeilles après le master. Pour la première notre prof de théorie (mon age, deux livres déjà publiés de théorie des sciences sociales) est super excité par ce que j'ai écrit et des idées que j'ai formulées. Du coup il veut que je développe une idée et qu'on y travaille ensemble. Pour les curieux, l'idée c'est de tenter de lier les théories de Bruno Latour (acteur réseau) avec l'épistémologie de la sociologie historique qui a tendance à ignorer le rôle de la science dans le développement de la société (et inversement). Il est possible, et j'espère, que l'on prolonge le cours le semestre prochain, ce qui serait génial car en me familiarisant avec ce domaine je prépare une de mes trois listes de lectures pour le troisième gros exam de 24h qui m'ouvrira l'accès à la thèse pour de vrai (prévu en juin 2015, trois domaines dans lequel je dois être "spécialiste", trois questions, 8h par question, une question par jour)

- Ce semestre je n'enseigne toujours pas, je corrige seulement, mais 95 étudiants quand meme. Quand ils écrivent trois pages ça fait mal! Au printemps à nouveau correction seulement mais avec un peu de chance beaucoup moins d'étudiants car je ne pense pas que le cours soit aussi populaire.

Au printemps je ne prends que deux cours. Théorie critique de l'école de Francfort (Adorno, Horkeimer et leurs potes) et j’espère independent study en sociologie des sciences à nouveau. Plus ma recherche, mais si les choses se passent comme j'espère le rythme sera quand même plus cool.

Pour le coté physique du merdier, pas grand chose. Je cours sur la piste 3-4fois par semaine. C'est un super moyen de rester en forme en très peu de temps. Mes séances de récup consistent e de jolies ballades en vélo avec la charrette remplie de minots. J'ai repris la natation depuis quelques semaines. Et je recommence à grimper en grandes voies très faciles cette semaine. Avec les entiers qui ont rouvert en partie je vais pouvoir reprendre la course à pieds dans les Flatirons. L'idée dans les semaines à venir c'est de repérer les approches et départs de tout un tas de voies-secteurs dans les Flatirons  pour un petit projet qui me trotte dans la tete depuis un moment, un marathon de grimpe dans les Flatirons qui consiste à grimper 10 grandes voies très faciles sur les plus grands des Flatirons. Dès la semaine prochaine et le début des repérages je mettrai à nouveau des photos sur tamalou.

Pour les curieux un lien vers le projet de reprise de grimpe
http://home.comcast.net/~gibell/trip_reports/flatirons_marathon.html

Je termine comme j'ai commencé en disant que la vie de famille se passe magnifiquement, les petits sont chouettes et les parents heureux.

2 commentaires:

  1. Voilà un joli programme.
    C'est cool de voir que tes projets prennent forme. Reste qu'il y a encore beaucoup de travail a accomplir mais pas de doute ça va le faire.
    Le pauvre gars qui n'est pas passé par là depuis quelques temps va avoir beaucoup/trop de lecture entre ton article et le mien.

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  2. tu vis a 300 a l heure et a fond comme tu d habitude avec encore plus de mérite car quand tu rentres 2 petits bouts attendant leur papa pour faire plein de chose
    bravo c est beau tant de courage ou certain aurait depuis longtemps jette l éponge

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"Be the change you want to see in the world"
Gandhi
If a man walks in the woods for the love of them half of each day, he is in danger of being regarded as a loafer. But if he spends his days as a speculator, shearing off those woods and making the earth bald before her time, he is deemed an industrious and enterprising citizen.
Henry David Thoreau

“A master in the art of living draws no sharp distinction between his work and his play; his labor and his leisure; his mind and his body; his education and his recreation. He hardly knows which is which. He simply persues his vision of excellence through whatever he is doing, and leaves others to determine whether he is working or playing. To himself, he always appears to be doing both.”
Chateaubriand