C'était le thème premier de ce week-end. Retrouvailles avec Adam, partenaire et beaucoup plus de mes aventures verticales californiennes. Ses beaux parents habitent à Boulder, lui et sa femme sont donc régulièrement de passage. Il a maintenant une bonne raison de plus de nuire à l"environnement. En attendant un possible déménagement pour le quartier un de ces jours...
Un mot important en anglais, que je ne saurais vraiment traduire, c'est le mot "socializing. Rencontrer du monde, faire des connaissances, faire connaissance, passer du temps avec des amis... Adam en a fait un art. Partout, n'importe quand, il accoste les gens, crée des liens, ouvre des portes. Où qu'on aille ensemble, sur les plages de Santa Cruz, les falaises du yosemite, les restaurants, supermarchés... j'ai l'assurance qu'on va bien rire, et faire rire, au moins sourire du monde. En ça, notamment, il me rappelle Mika, et le talent qu'il avait lui aussi à partager sa bonne humeur, à irradier son bonheur de vivre, à rendre loufoque des situations a priori loin de l'être. Ce plaisir qu'il prenait toujours à mettre de la légèreté, de la désinvolture dans sa vie, dans nos vies, pour les aérer, les rendre plus légères. Putain de toi, tu manques mon poto. J'en ai mal au ventre et le regard troublé de penser à tout ce bonheur que tu m'as donné, à tous ces moments qu'on a partagés...
Nous revoilà donc encordés ce week-end avec l'ami canadien pour jouer sur la glace cette fois. Un jeu auquel il ne s'est encore jamais adonné. L'idée étant de grimper dans le parc national à une petite heure de Boulder. Vendredi on a fait nos armes sur une magnifique cascade de 25m en 4max. Toute la journée on a bataillé sur le gros glaçon, abrités du vent, heureux comme des enfants, comme si souvent. La soirée ne fut pas moins belle puisqu'après un repas "mexicain" on a été abordé par un couple de cinquantenaires qui de loin nous trouvaient curieux. Une heure d'échanges, sur la vie, ici et ailleurs, qui se conclut par une invitation à dormir au premier étage de leur maison en restauration. Mais on tenait trop à monter notre tente alors on les a remercié et on a mis de côté leur téléphone. pour une autre fois, c'est certain.
Nuit dans la tente, en hiver. Son lot de corvée d'eau à faire fondre, de tente à monter par un froid qui pique, puis l"heure des rigolades classiques quand enfin tout est terminé et que tels des chenilles on est enfin au chaud dans nos duvets. Le réveil, pas facile lui non plus par -10. chaque geste demande son lot d'anticipation sous peine de refroidissement clinquant et claquant. l'onglée ru réveil!!Bien sûr on a adoré. Juste avant l'heure du réveil, c'est le chant des coyotes qui a retenti. Et je cède volontiers la douche chaude du matin pour la solitude du parc à 7h le 6 février.
Dormir sous la tente c'est divertissant, mais ça n'aide pas forcément à être d'attaque tôt, quand il faut faire chauffer l'eau pour les thermos, plier bagage, refaire les sacs loin du confort de nos maisons. C'est donc seulement à 10h qu'on s'est présenté aux pieds du projet du jour. La météo s'annonçait froide et neigeuse. Effectivement à un km de là plus à l'ouest on voit bien qu'il neige, mais nous on sera en plein soleil toute la matinée. Et les glaçons c'est bien connu n'ont que peu d'affection pour les doux rayons de notre centrale nucléaire universelle. Alors la tentative restera infructueuse, avortée par un sentiment assez distinct que mes 96kg ne sont pas faits pour jouer sur cet édifice de glace en sursis.
Une vraie tempète de neige s'annonçant pour le lendemain,on décide de rentrer à la casa. Dans la soirée, après une séance de yoga, on a retrouvé Georg, un allemand très sympa que j'ai rencontré il y a à peine cinq jours mais avec qui j'ai déjà passé trois journées. Il loue une maison "solaire" construite dans les années 80. Une belle maison en bois lumineuse, inondée de soleil même. La propriétaire était une sorte de kiné et pratiquait des massages dans l'eau. Elle avait construit une piscine-jacuzzi dans laquelle elle recevait ses patients. Après un réveil par -10, on a fini la journée sous les étoiles dans un bain à 38degrés, en échangeant sur nos expériences d'expatriés, nos liens avec nos racines, nos points de vue sur les US, sur l'immigration, sur nos vies pas si simples mais qu'on est bien contents d'avoir choisies.
Il neige enfin aujourd'hui, et ils annoncent -14 cette nuit sur Boulder. Les jours passent sans vraiment se ressembler ici! Ce fameux climat continental-méditerranéen I guess.
kristine est dans les montagnes du Colorado là où se trouve le bureau du boss. Depuis jeudi et jusqu'à dimanche prochain. Au programme pour moi cette semaine deux livres en anglais, un sur l'entrainement en escalade, pour mettre à jour mon vocabulaire dans ce domaine, et un sur l'alimentation et les changements climatiques. Quelques contacts importants à nouer, beaucoup envie de m'entrainer, et un festival international de cinéma à Boulder où j'ai prévu d'aller voir au moins cinq films.
From Boulder Colorado, the green french Giant!
Les photos du week-end
J'ai aussi ouvert un dossier autoportraits que je continuerai à alimenter. Ou comment utiliser son appareil photo lorsqu'on est seul et qu'on manque de sens esthétique pour ce qui est des photos de paysage. Forcément, on m'y voit assez souvent. A consommer avec modération.
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