mardi 20 avril 2010

La famille Poulet au Maroc

Nous voilà donc de retour après 15 jours au Maroc, en réalité un peu moins puisque nous sommes descendu de l'autre côté du détroit de Gibraltar en voiture et que mine de rien il y a des kilomètres.

Le voyage se décompose en 4 grandes étapes
- le trajet aller : Tende, Béziers, Algéciras, Tanger, Casa
- le séjour chez ma soeur sur Casa
- la descente Marrakech, tizi'n'test, Taroudant et le village d'Afensou, le séjour dans le sud dans un gîte à Afensou et la remontée sur Casa via Agadir et Essaouira
- le trajet retour Casa, Tanger, Tarifa, Castres, Le Rouret, Tende

Pour le trajet à part dire que c'est long, très long, trop long et que le passage d'Algéciras à Tanger le lundi de Pâques alors que la mer est agitée et que toutes les navettes rapides restent au port s'apparente à une mission de longue haleine dans laquelle il ne faut surtout pas perdre patience et oublier une bonne partie des codes de bonne conduite si longuement appris. Non seulement le bateau est surbooké mais en plus l'organisation tant espagnole que marocaine est d'une incroyable inefficacité. Après avoir traversé l'Espagne en une grosse journée de 19h de route, dormis à 4 dans la voiture à quelques km d'Algéciras histoire d'être sûr d'avoir un billet rapidement, nous voilà à faire la queue dès 10h du matin après un petit tour en ville, les billets ayant été retirés à 8h et le bateau ne devant partir qu'à 12h. On sortira de la douane à Tanger à 22h30 reste encore 3h30 de route jusqu'à Casa. Arrivés chez ma soeur c'est du sommeil du juste que nous tombons.

On profitera de notre séjour sur Casa pour aller visiter la Mosquée Hassan II,le village de potiers de Salé au nord de Rabat et la casbah de la capitale marocaine. Tout cela est très joli. Nous avons trouvé notre bonheur dans une poterie, partir avec la voiture avait aussi cette fonction là, nous permettre de rapporter quelques emplettes du pays du marchandage. Avec notre potier, il n'aura pas été trop nécessaire de marchander sec puisque le prix arrangeant qu'il nous a proposé pour l'ensemble des pièces que nous lui avons prises était très intéressant. A postériori je me demande même s'il n'a pas fait une erreur de calcul. 10 bol/assiette genre 15cm de diamètre et 5cm de hauteur, 10 verres assortis, 1 saladier, 1 carafe et 6 bols pour 370 dirhams soit environ 35€ en France chez un artisan, car c'est bel et bien un travail artisanal c'est le prix d'un bol/assiette !!!

Un plongeon vers le sud et Marrakech, on trouvera un gîte bien sympa la ferme berbère et bien engagé dans une démarche respectueuse de l'environnement et des populations locales en tout cas c'est comme ça qu'il se présente et j'avoue honnêtement y avoir cru une fois sur place. Nuit sous tente berbère, toilette sèche, jardin potager ... La visite de Marrakech a été réduite à sa plus simple expression la place Jemaa el fna et le début du souk. Ici tout sent l'arnaque du montreur de serpent, au vendeur de dattes, en passant par les montreurs de singes ça sent l'attrape touriste et on est dans la meute.

La route du Tizi'n'test ou col du Test est à la limite de l'aventure extrême si on s'en tient à la lecture des quelques guides traditionnels. Il s'agit d'une belle route de montagne pas toujours très large sur laquelle circule des grands taxis pas toujours sur leur droite, des camions aux jolies couleurs transportant tout et n'importe quoi, des piétons accompagnés de leur âne et nous dans notre petite voiture. On n'aura pas croisé beaucoup de voiture avec des occidentaux à l'intérieur mais quelle route les amis. Les fortes précipitations de ce printemps ont laissé quelques séquelles mais rien de bien méchant. Momo le berlingo est passé comme un chef. Le coin est vraiment très joli et l'idée de partir explorer l'une de ces vallées m'a bien traversé l'esprit, une autre fois peut-être.

La pleine du Sous qui file sur Agadir est une grande plaine agricole du sud marocain. La culture de la banane remplace peu à peu les cultures maraichères et les plantations d'agrumes, rentabilité oblige semble-t-il et Taroudant trône en son centre. Cette vieille ville "la petite Marrakech" comme on peut lire dans les guides est elle aussi fortifiée, et comme sa grande sœur ses environs ne cessent de croître, il y a des constructions de partout et rien n'est jamais fini puisque les marocains ne paient un de leurs impôts qu'une fois que le toit recouvre la maison, du coup des étages en attente attendent un peu partout, ils ne verront sans doute jamais le jour et l'état ne percevra jamais son impôt.

De Taroudant nous remontons une petite vallée au nord est, d'abord en direction de Tamaloukt puis en direction d'ad imoulas. Le village d'Afensou est accessible en voiture à condition de prendre 5kms de piste et de passer un petit gué. Malgré les explications de notre hôte, nous n'avons pas d'emblée trouvé le bon village, nous nous sommes retrouvés trop haut dans la vallée bien obligés de nous rendre à l'évidence, il faut faire demi-tour et chercher puis trouver Afenssou. Ici les gens ne parlent pas tous le français loin s'en faut. J'avais bien une idée d'où était le village mais comment s'y rendre !! Après avoir croisé une dame entourée d'un groupe de personnes à l'attaque d'une piste, nous nous hasardons à demander notre chemin. Avant même de nous donner la direction du village, ils veulent savoir s'il ne nous serait pas possible de déposer cette dame au village juste en dessous. Elle est chargée, a des trop belles chaussures pour une piste de ce type et nous semble bien embêtée. Prend, prend pas on a tellement entendu d'histoires qu'on en devient suspicieux pour n'importe quoi, finalement on l'embarque, Christine rejoint les enfants à l'arrière et là voilà à mes côtés. Le village d'Afensou est le deuxième en suivant la piste que nous venons de prendre. La dame est en fait une actrice Berbère qui vient pour tourner un film ici dans le petit village au dessus d'Afensou. Nous l'abandonnons sur le piste où elle nous le demande et poursuivons. La piste traverse un autre village en son centre, ce n'est pas tous les jours que les habitants doivent voir passer 4 français dans un berlingo par ici. Au filing nous finissons par trouver le gîte à l'endroit où je l'envisageais.

Nous allons passer 4 jours ici.




























Le coin est vraiment beau et reculé. Ballade dans le village, ou trempette dans l'oued,avec fabrication de moulin entièrement naturel (je suis assez fier de moi plus de 24h après la pause il tournait toujours, Mohammed notre guide est venu voir l'installation de près)
rando avec un âne dans de jolies gorges, bivouac à la confluence de 2 oueds, belle ballade à pied sur les crêtes dominant la vallée, visite d'un souk traditionnel et de son "restaurant"tajines à toutes les sauces, avec les mains évidemment les enfants adorent, nous aussi, soirée tambours berbères et fabrication du pain traditionnel, un petit hammam très amusant, emplettes à Taroudant (dont deux très jolis tapis berbères à voir à la maison) voilà de quoi occuper les journées et les soirées.

Le retour par Agadir et Essaouira est très joli, un petit bruit mécanique au moment où on est au plus loin de chez nous nous aura valu quelques frayeurs. En fait il s'agissait juste d'un petit bout de bois 4mm² et 10cm de long coincé entre le pneu et le garde boue. N'ayant pas envie de m'arrêter n'importe où et en ne voyant rien s'allumer anormalement sur le tableau de bord on a quand même fait une 50aine de km avec cet étrange bruit. Arrivés à Agadir, on s'arrête et on découvre le responsable de nos suées froides en examinant tout ça je vois que l'on perd du liquide sous le moteur. Oups, ça sent moins bon tout d'un coup. Sors le crique, hisse la voiture jette un œil, aïe une goutte dans l'œil, ouf on dirait que ce n'est que de l'eau mais d'où vient-elle ?? vérification de tous les niveaux : RAS. Christine très prosaïquement me signale que s'il n'y avait pas eu le morceau de bois on n'aurait pas remarqué l'eau et qu'il ne faut après tout pas trop s'inquiéter. Oui mais quand même cette voiture c'est notre moyen de locomotion pour rentrer chez nous et il ne faudrait pas qu'on soit en rade là, tout au bout de notre voyage avec les enfants sur les bras. (J'ai déjà connu une histoire similaire à celle-ci avec Bob aux US, on était à vélo à SF et Monsieur n'a rien trouvé de mieux que de crever quand on a atteint l'océan pacifique. Il avait fallu rentrer en poussant, du moins pour lui sur une bonne partie du chemin) Malgré quelques craintes nous reprenons donc la route. La machine à films se met en route, que va-t-il nous arriver ?! En fait rien du tout c'est l'évacuation de l'eau de condensation de la clim !!!

Le passage par Essaouira nous aura permis de faire une petite pause piscine, un petit tour de dromadaire et de découvrir la côte atlantique du Maroc, très jolie et encore bien sauvage. Pour combien de temps encore ??? Nous aurons aussi droit à une petite tempête de sable qui nous a empêché de mettre le nez dehors, impressionnant.

Pour le trajet retour, histoire d'éviter les désagréments de l'aller on décide d'un départ bien matinal de Casa 5h30 pour arriver à 8h à Tanger. Cette fois je sais vers quelle compagnie il faut aller, les billets sont pris en 5 minutes, la douane est passée en 10 minutes, ils m'ont quand même fait ouvrir le coffre et ont vu, l'air surpris, les deux paniers à âne que j'ai rapporté. Question du douanier "vous savez comment ça s'appelle en français ? "
- des paniers !!,
- non, dodan
- quoi dodan, vous voulez voir dedans ?
- non dodan
je commence à me faire un film pendant que son collègue observe les paniers d'un air suspicieux, dodan, dedans qu'est-ce qu'il croit que je cache dedans !!
- ça s'appelle "dos dans"
- ah "dos dans"
circulez y'a plus rien à voir, soulagés on embarque et juste 2h après avoir pris le ticket on débarque en Espagne. On va rouler toute la journée et même une bonne partie de la nuit pour arriver entre Barcelone et la frontière. A 2h du matin, une pause à nouveau dans la voiture s'impose et le lendemain vers 10h nous arrivons chez Rachel du côté de Castres.
Le samedi, j'abandonnerais Christine chez Rachel pour qu'elle puisse assister à la présentation de son filleul dimanche. Avec les enfants nous filons donc jusqu'à Cagnes pour récupérer notre petit Swan qui nous a bien manqué. Anniversaire du frangin le soir et retour à la casa dimanche, lundi boulot à la place de ma chérie qui ne rentrera que le soir.

6 commentaires:

  1. encore un joli projet en famille, bravo les poulets.
    Ils la comprenaient Lise quand elle parlait au Maroc??
    dodan

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  2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  3. merci pour toutes ses magnifiques photos ainsi que ce long texte qui nous rappellent de bons souvenirs.

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  4. Ils la comprenaient comme en France, pourquoi.
    Pour toi ma poule, je te rappelle à toutes fins utiles que ta filleule s'appelle Liv et pas Lise, mais bon ! C'est quoi déjà la date de son anniversaire ?!?!

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  5. Oh, depuis quand tu crois que je connais les dates d'anniversaire ? Enfin, si je dois tenter, je dirais en février, parce qu'en mai c'est ton anniversaire, c'est le mois où tu fais les bébés donc!!
    heureusement qu'elle ne sait pas encore lire sinon elle m'en aurait voulu.

    bise quand même

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  6. Très sympathiques vos photos et le récit du voyage ! PS : je constate qu'il y a eu squattage de notre terrasse ... pendant notre absence :) Gros bisous d'Oléron

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"Be the change you want to see in the world"
Gandhi
If a man walks in the woods for the love of them half of each day, he is in danger of being regarded as a loafer. But if he spends his days as a speculator, shearing off those woods and making the earth bald before her time, he is deemed an industrious and enterprising citizen.
Henry David Thoreau

“A master in the art of living draws no sharp distinction between his work and his play; his labor and his leisure; his mind and his body; his education and his recreation. He hardly knows which is which. He simply persues his vision of excellence through whatever he is doing, and leaves others to determine whether he is working or playing. To himself, he always appears to be doing both.”
Chateaubriand