lundi 5 avril 2010

Indian Creek






A peine certifié WFR (wilderness first responder) j'ai retrouvé Julien pour un vieux rêve, grimper en Utah, le pays du grès rouge qui ne laisse au grimpeur que des fissures pour tenter de s'élever.

Encore une nuit courte, une de plus, et déjà les miles défilent pour de (trop) nombreuses heures. Lorsque tout autour de nous devient rouge-orange il n'y a plus de doute, on est bien dans l'antre de la grimpe en fissure. Les 7 jeux de friends dans le coffre en frémissent, le pied droit se fait lourd sur l'accélérateur. Dernier plongeon automobile, du plateau vers le fond du canyon et soudain se dessinent les falaises tant regardées depuis mes débuts. Indian Creek! Des milliers de lignes parfaites, de fissures coupées au laser dans ces murs de grès sans aucune autre aspérité, sans relief.

Comme prévu, comme rêvé, c'est la ligne magique de super crack qui se montre dans les premières sur notre droite, tout juste entrés dans le canyon. Le temps de m'échauffer je laisse une cordée espagnole s'ébattre sur le belle. Vêtu ensuite du pantalon de l'Ami j'ai remonté, le souffle court, comme un sommet de vie, cette fissure parfaitement parallèle de 35m. Les mouvements répétitifs calés sur le souffle, profitant de chaque instant, de la chance d'être ici, dédicace à celui avec qui j'avais toujours imaginé venir ici.
Après Supercrack, le reste de la semaine s'est déroulé au rythme (pas toujours le plus adapté, on était là pour apprendre ) d'ascensions superbes, plus ou moins facilitées mais jamais vraiment interdites par une météo désertique (capricieuse?) qui nous a gratifiés de rafales de vent rageuses portant un sable rouge fin comme l'air qui a tout pénétré, tente, réserves de nourriture, gourdes, tout, de neige, d'un soleil rageur dont il fallait se cacher parfois aussi.
On a croisé le deuxième jour un bon copain grenoblois de Julien et ses potes, et c'est donc à six français bruyants qu'on s'est déplacé pendant quatre jours. Après l'overdose d'anglais de la semaine dernière j'ai apprécié le répit linguistique, repos pas que relatif de mon cerveau en pleine transformation.On a terminé par deux grandes voies, pas tant grandes par leur dimension (trois longueurs chacune) que par leur ambiance exceptionnelle.

La première, sur North sixth shooter, parcourt une tour de 100m posée au sommet d'un château de sable, un parfait cône comme on en fait à la plage. Une ligne remonte le fragile édifice, de la taille de nos doigts pour commencer, puis s'élargissant, tout en franchissant deux toits bien marqués, pour finir par me laisser entrer tout entier(laborieusement quand même) dans son ventre.L'approche à pied à partir du camping, les trois longueurs, le sommet, le retour, la météo de ce vendredi, on a adoré!!!!!!



Pour terminer on a grimpé une voie totalement unique. Facile, l'intérêt n'est pas dans le niveau. Ici tout n'est que boue, rocher pourri aggloméré pour le plaisir et l'effroi des prétendants à la conquête inutile de leurs sommets.
Le vent violent et glacial a rajouté de la saveur au parcours de cet itinéraire vraiment unique. Ici on ne tire pas sur les prises, on les repousse plutôt dans leur logement. Le tout pour jouir de cette dernière longueur complètement incroyable. Quelques mètres d'arête à 150m du sol pour finalement se redresser, calmement, sur ce monticule branlant le temps que le vent veut bien nous accorder.
Les photos


Vous m'avez manqué les copains, tu m'as manqué l'Ami...

Le grand vert

4 commentaires:

  1. Super séjour mon frère et en plus avec des amis français qui te rappellent tes origines...
    Et dis moi, c'est toi sur la dernière photo tout en haut du rocher, et bien que ça ne se reproduise plus!!!!!!!!!!!!!!!!

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  2. Salut Blada,
    un recit et des photos simplement démentes !!! Continu de me faire rever comme ca et je ne répond plus de rien. Ici ca va à peu près, j'accumule un p... de frustration à assurer au refuge pour 8, 10 personnes alors que les copains s'éclatent. Cette semaine c'est carrément le Grand Paradis que je rate, Arghhhh.
    Embrasse ta douce et prenez soin de vous.
    Biz'.
    Jo et Cal

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  3. c'est très prétentieux de toute façon comme sommet, le Grand Paradis!
    Si j'avais pas pété mon appareil photo j'en aurais volontiers remis une couche de photos bien jolies la semaine dernière après une belle journée comme je les naime de trois grandes voies à Eldorado Canyon. Premier 6C tenté et réussi (ici on joue sur les amis, voire pour celle là sur micro cablés, et c'est pas non plus Indian creek; faut parfois jouer de la conti pour protéger, alors on passe les diplômes tranquillement!!).
    Hey c'est rigolo, quand tu écris cal pour moi ça ressemble à l'abréviation de California!

    Bise mon blada, bises à tous là bas où je suis pas.

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  4. Et mon frère, tu n'as pas répondu à ma question !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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"Be the change you want to see in the world"
Gandhi
If a man walks in the woods for the love of them half of each day, he is in danger of being regarded as a loafer. But if he spends his days as a speculator, shearing off those woods and making the earth bald before her time, he is deemed an industrious and enterprising citizen.
Henry David Thoreau

“A master in the art of living draws no sharp distinction between his work and his play; his labor and his leisure; his mind and his body; his education and his recreation. He hardly knows which is which. He simply persues his vision of excellence through whatever he is doing, and leaves others to determine whether he is working or playing. To himself, he always appears to be doing both.”
Chateaubriand