Gros coup de mou ce matin. Voilà plusieurs jours maintenant que je passe de trop nombreuses heures à essayer de comprendre ce qu'il se passe, à séparer la "réalité" des annonces et promesses politiciennes de tous bords, à me faire une opinion, à comprendre pour mieux prévoir, anticiper. Belle illusion que d'imaginer pouvoir penser une semaine à l'avance. Ce matin, comme depuis plusieurs jours, dès le réveil je me suis plongé dans la littérature épidémiologique, les modèles prédisant les trajectoires possibles de cette saloperie. J'ai lu les news macabres provenant d'Europe, j'ai pu voir les comportements aberrants de français irrévérents. L'Italie a perdu 500 personnes hier tandis que les français continuent à faire leur marché et que les américains dans nombre d'états sont encore en pleine ignorance et/ou déni. Les prédictions sont sombres compte tenu de notre lenteur collective et de l'incompétence des autorités en charge. Les pires scénarios prédisent jusqu'à 2M de morts aux US. heureusement les gouverneurs prennent le devant et ont depuis longtemps cessé d'imaginer que la moindre idée intelligente sortira de la maison blanche.
Ça va durer beaucoup plus longtemps que spring break cette histoire, c'est évident. Je m'y prépare, tranquillement, mais ce matin plus que les jours précédents, ça me fout la nausée.
Voilà des années (bien 20 ans, depuis ma première carte d'adhérent à ATTAC en septembre 1999 il me semble) que je critique la mondialisation, cette illusion qui nous a permis jusqu'à aujourd'hui de continuer à grossir, à gonfler l'économie sans même que cela bénéficie à la plupart. La globalisation a permis, pour un temps, de continuer à produire, à arracher au sol ses richesses, à cacher plus loin nos poubelles, à ignorer les "externalités" de notre arrogance consumériste, de cette folie capitaliste.
Aujourd'hui, d'un punch dans les dents, et d'un virus qui saute de la chauve-souris au pauvre pangolin, puis du pangolin aux hommes qui le torturent, tout s'effondre. Nous voilà tous rendus à la simplicité (malheureusement pas) volontaire si nécessaire. Certes pour une seconde les écosystèmes vont respirer. Malheureusement, la décroissance sans planification, cela s'appelle une crise économique. Celle qui vient va laisser sur le carreau des millions de gens sans emploi, ruiner les petites entreprises, briser des familles qui vont perdre leurs anciens subitement aussi.
Puis à 11h ce matin j'ai décidé de tout changer. Tout? Mon état d'esprit en tout cas. Y'aurait-il quelque chose d'autre au delà de notre conscience? Plus d'internet, plus même d'écran. Faisons de ces mois à venir une opportunité. Les sociologues qui étudient les catastrophes (naturelles comme technologiques) concluent souvent que de ces crises profondes émergent généralement comme des évidences la créativité et la valeur de la solidarité. Rebecca Solnit dans son chouette livre Hope in the dark explore tous les aspects positifs qui résultèrent de crises profondes, violentes qu'il est souvent difficile de regarder de manière positive. Naomi Klein fait de même en regardant toutes les associations, les solutions techniques, les mouvements sociaux, et les révolutions épistémiques que l'ont doit au changement climatique.
A partir d'aujourd'hui je me remets à écrire. J'ai plusieurs articles en tête depuis trop longtemps. Cette pandémie aussi me donne des idées d'articles. Après tout, elle se situe au confluent des problématiques environnementales, des études animales, des travaux empiriques comme théoriques sur les désastres, et du capitalisme. My cup of tea.
A partir d'aujourd'hui je ne passerai pas plus d'une heure par jour pour "m'informer."
Pour finir sur une note positive voici quelques idées que je trouve intéressantes postées il y a quelques mois par Rich Roll, un athlète podcasteur vegan que je suis depuis de nombreuses années. Idées applicables aussi bien aux petits projets personnels en escalde comme aux gros projets plus importants de la vie.
Love
le géant vert
1. Dreams aren’t built on breakthroughs but rather on tiny actions taken
daily.
2. The crowd you keep dictates the life you lead. Choose wisely.
3. The prize doesn’t go to the fastest. It goes to he/she slows down the
least.
4. Most overestimate what they can do in a year and wildly underestimate
what they can do I a decade.
5. Most people don’t know who they are (and have no real sense of what they
truly want).
6. Commitment to self-actualization ultimately answers most questions.
7. Accolades are nothing. What was endured to earn them is everything.
8. If you want to be happy, give freely of yourself to others.
Et puis une autre posée juste au dessus de mon écran depuis longtemps:
Don't get stuck in your own story.
samedi 21 mars 2020
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"Be the change you want to see in the world"
Gandhi
Gandhi
If a man walks in the woods for the love of them half of each day, he is in danger of being regarded as a loafer. But if he spends his days as a speculator, shearing off those woods and making the earth bald before her time, he is deemed an industrious and enterprising citizen.
Henry David Thoreau
“A master in the art of living draws no sharp distinction between his work and his play; his labor and his leisure; his mind and his body; his education and his recreation. He hardly knows which is which. He simply persues his vision of excellence through whatever he is doing, and leaves others to determine whether he is working or playing. To himself, he always appears to be doing both.”
Chateaubriand
Henry David Thoreau
“A master in the art of living draws no sharp distinction between his work and his play; his labor and his leisure; his mind and his body; his education and his recreation. He hardly knows which is which. He simply persues his vision of excellence through whatever he is doing, and leaves others to determine whether he is working or playing. To himself, he always appears to be doing both.”
Chateaubriand
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