vendredi 29 mars 2013

El capitan 1 de+, le geant vert 0

Depuis le temps que je n'avais rien écrit sur le blog, j'avais imaginé ce post un peu plus glorieux, plus festif. Mais faute de festif c'est plus de fessée dont il s'agit ici.
The shield était notre objectif. Mais une série longue de raisons plus ou moins bonnes m'ont poussé à redescendre après trois jours de dur labeur.

- la semaine avant la voie j'ai eu la grippe. Bien comme il faut, et il aura finalement fallu 19h de sommeil consécutifs et un lit complètement innondé de sueur pour que le virus me foute la paix. En attendant il avait laissé ses courbatures terribles, mes poumons en vrac, et m'a mis en retard de trois jours, les trois journées qu'on avait prévues pour se mettre dan le bain du Yosemite et surtout d'´El capitan. Rien de tout ça donc, et en matière de transtion on aura seulement parcouru une voie en 5+ de 6 longueurs. juste assez pour se souvenir qu'ici rien n'est facile, tout est sérieux, mais bon, en matière d'échauffement on a connu mieux.

- Après avoir fait les sacs samedi, dimanche matin donc on a attaqué. Portage des sacs au pied de la voie, deux aller-retour de 30min avec des sacs qui tout de suite me paraissent monstrueux, trop lourds. Comment on va hisser tout ce bordel??
Réponse l'instant suivant. On remonte la première corde fixe et c'est parti. Les 250m à remonter sont en dalle, donc les sacs frottent, accrochent le moindre relief, la corde touche tout du long cet immense bombé, et nos efforts partent en fumée dans les frottements. On est pourtant tr`´s au point, en contre-balancier, tous les deux sur la corde. Il faut en plus de pousser sur les jambes, tirer sur la corde qui monte pour la décoller du granit. Ca avance, mais à quel prix. De midi à 18h on va s'acharner et atteindre notre but, une grosse vire où notre voie commence vraiment. Meme là rien de simple, il faut porter les sacs à l'autre bout de la vire, 40m plus loin, car le pochain relais est très décalé sur la droite. On en finit et on descend les 250m de corde fixe en 9min!

-Lundi remontée au jumard, en 40min, sans aucun effort. La méthode américaine avec deux jumards est maintenant bien au point et sur ces dalles c'est vraiment facile.
Je fais la première longueur et tete. Rien de génial mais sans souci. Et déjà il faut hisser à nouveau.
Vient ensuite la première vraie longueur. 45m d'artif dans une dalle très raide. c'est facile, j'avance vite, mais c'est long. Adam me rejoint en un instant, et à nouveau on hisse. Mais cette fois rien ne se passe, les sacs se coincent dès le départ sur un petit toit. On decide de fixer la longueur suivante puis de redescendre dormir sur la vire où les sacs sont coincés, pas de souci. adam fume sa longueur en 30 min, fixe, et on resdescend sur la vire. Installation de mon portaledge neuf sur une vire loin d'etre ideale, es spits sont trop bas, le ledge de travers, il s'effondre meme quand je monte dessus en pensant que c'est enfin au point. Sympa!
A ce point je ne le sens plus trop ce projet.
-la famille me manque et si on s'engage dans le headwall le lendemain (au dessus d'un gros toit) on y est pour de bon. mais j'ai envie de rentrer plus tot
- la météo ne s'annonce plus aussi parfaite et les 20% de chances de pluie constituent une minorité assez dominante et effrayante.
- entre nous et le sommet il ne reste qu'une seule vire et trois jours de grimpe, donc pour les deux jours à vnir on depend entièrement du portaledge, ce qui ne me réjouit que très peu. Je réalise que je n'ai jamais fait ca et que je ne suis pas certain d'en avoir envie. En tout cas pas cette semaine. Les hissages ont brisé mes lombaires, mon dos crie misère.

Finalement une mauvaise nuit dans le portaledge avec un duvet trop petit (celui de Kristine, car il me fallait un duvet synthéthique en cas de pluie) et ma doudoune, malgré la pleine lune et le ciel prafaitement dégagé ne changera pas mes impressions de la soirée et il est temps de les partager avec Adam. Longue discussion. Lui est plus partant que jamais. On a fait le plus dur des hissages car maintenant les sacs vont s'alléger et la paroi se redresser très fort. Rien que je ne sais pas. Je ne le sens pas. Mon plaisir n'est pas là haut cette fois. Ce n'est pas de la peur, je suis très relax et ai enchainé mes longueurs sans souci. Simplement l'envie est partie, réduite en poussière par trois journées de hissage extenuantes. Tout droit sorti de mon bureau de la fac je me sens très très loin d'un jusqueboutiste du dimanche. J'ai envie de confort. J'ai envie d'escalade en libre aussi. Et j'ai envie de rentrer voir mes loulous.
Demi-tour donc. Meme sans la plupart de l'eau les sacs sont toujours très lourds et meme les descendre n'est pas complètement simple. Prudence, longs rappels plein gaz avec un sac au cul. 7 comme ça, 350m et on est enfin au sol.

On a passé l'aprem à grimper en moulinette de très belles longueurs à la base d'El cap avec un groupe très sympa.
Le lendemain on a grimpé serenity crack, une voie mythique de la vallée. On a pas pu finir car la deuxième partie plus facile était embouteillée avec deux cordées qui n'avançaient pas et la météo était entrain de se gater. A faire à la prochaine visite c'est certain. C'est le genre de voie que je pourrais faire une fois par semaine si elle était dans mon quartier.
Nuit de repos, tri du matos. Adam est rentré dans la baie après qu'on se soit dit à dans 6 semaines en France! Moi j'ai repris la route pour Vegas très tot le matin et retrouvé tout le monde  en début d'aprem. Les loulous sont magnifiques, en pleine forme, et ont fait tout un tas de petits progrès en six jours. Le shield lui sera encore là l'année prochaine et cette fois la stratégie d’ascension sera différente, de manière à être plus légers et plus rapides. Maintenant que remonter 300m de stats s’avère sans souci, fixer tout le bas puis y aller léger en deux jours au lieu de 4 serait faisable. Moins de bouffe, et plus tard dans la saison quand la météo sera plus stable et qu'on n'aura pas besoin d'emporter une armure d’hiver au cas de coup dur météo comme on avait emporté au fond du sac cette fois.

A aprt cela mon dossier pour la bourse prestigieuse à laquelle j'avais postulé a été refoulé, évidemment. Pas assez de soutiens "politiques", de profs dans le bain de la national science foundation, et pas assez de référence personelle de recherche. Au meme moment une enorme plainte vient d'etre déposée par plusieurs associations d'ecolos dont la plus prestigiquse aux US, le Sierra club, , et une autre specialisée sur la lutte contre l'usage de pesticides, plus quelques apiculteurs, contre l'agence de protection environnementale supposée tester et refuser les produits dangereux, mais qui se contente de mettre sur le marché tout et n'importe quoi. Et ce matin un enorme article dans le New York times sur, encore une fois, la disparition inexpliquee des abeilles, cet hiver encore plus inquietante que depuis le debut de la crise en 2006-07. Bref, ils ont refusé mon projet alors que c'est complètement chaud bouillant dans l'actualité, les boules.

J'ai pris t®ès peu de photos car on est jamais vraiment entré en mode grimpe donc j'étais tout le temps actif, pas de temps mort à l'assurage. Adam devrait en avoir quelques unes.

Pour finir, le petit coup de coeur musical des dernières semaines

http://www.youtube.com/watch?v=jtRMZ04hohQ

6 semaines...


Sur la route j'ai traversé la "central valley" de Californie, le grenier des Etats-Unis. Ici les derniers amandiers en fleur. 80% des amandes produites dans le monde viennent de Californie, ce qui nécessite 1.5millions de ruches pour la pollinisation en Fevrier mars. Cette année les ruches sont arrivées en sale état et trop peu nombreuses, d'où la résurgence du problème de la disparition des abeilles dans les medias ce mois-ci




Le slogan de Wallmart, le plus gros supermarché du onde. Un empire construit sur des situations de monopole et un déni absolu de respect de toute régulation de travail.

Guns next exit. le premier de nombreux signes publicitaires

Real California Milk, ça donne envie



Un stand de fruits et légumes sur le bord de la route, pas nationaliste pour un sou. Pendant des heures j'ai écouté Fox news, la radio ultra conservatrice. Un rappel des bonnes valeurs et du manque de cerveau d'une bonne partie de ce pays. C'est un challenge rien que d’écouter à la radio.

un joli rack d'aliens, avec de nombreux hybrids, de la bombe dans les trous de pitaons

entrain de faire les sacs chez Jessie et Megan, une superbe petite maison à El portal qu'ils ont entièrement retapée

la ferraille: le shield ça ne passe pas sans piton, c'est une "nailing route". En l’occurrence la plupart des pitons sont des bird beaks, des cornières coupees, la plupart à taper une seule fois voire à placer à la main. Toute cette merde pèse une tonne.



Le coeur. Les cordes fixes emontent jusqu'a sa base, puis sur la droite. Notre point le plus haut est au nivea du haut du coeur, à droite, en direction du petit toit (pas celui de droite, c'est le great roof du nose)


sac #1

Sacs#2 et #3

C'est parti pour 200m de hissage




Fern spring, une source a bord de la route, ¡a l'entrée du parc, pour nous un arrêt incontournable pour remplir toutes nos bouteilles à chaque fois

hissage encore

la dernière longueur de notre voyage, pour cette fois

ma longueur de plus de 40m, encore un bombé, donc un max de frottements et une misère à hisser




shoot a machine gun: en plein debat(illusoire) sur les armes à feu, après plusieurs bons gros massacres cette année, rien ne change

15 commentaires:

  1. Et c'est tout, qu'un titre provocateur sans images et sans récit. SCANDALE

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  2. c claire qu'on reste un peut sur notre faim la quand meme...

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  3. tu as bienfait de faire demi tour si tu les sentais pas ,rien ne sert de prendre des risques ,la montagne est plus forte
    c est partie remise

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  4. Ta maman à entièrement raison, maintenant falloir prendre l habitude de faire demi tour si tu te chie aussi profondément à causes de quelques pauvres circonstances. Après je te comprend l âge, les enfants, merde ça ressemblant au symptôme de la sagesse tout ça...
    Sinon c'est vrai que lire un long article pour voir des photos prise depuis sa voiture sur un autoroute c'est vachement intéressant...

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  5. Eh, toto, si t'es pas inspiré faut surtout pas te forcer à poster !
    Ce genre d'aventure demande un engagement total du corps ET de la tête en plus de sérieuses compétences techniques... l'erreur ne pardonne pas dans ces terrains de jeu.
    Bravo Laurent, je suis persuadé q'avec cet épisode tu as gagné beaucoup plus qu'une voie dure à épingler à ton tableau de chasse, et que tes nombreuses et prochaines croix auront encore davantage de saveurs.
    La bise.

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  6. Chouette reponse Jojo. En effet Toto, t'as manqué un détail ou deux dans l'aventure. On parte d'une voie de 1000, dont 400m en devers permanent au dessus d'un gros toit de 15m, ce qui veut dire que redescendre impliquerait de refaire les longueurs en marche arrière. On parle d'une voie très exigeante mentalement avec de l'artif très délicat et des chutes potentielles de 20m. demande à Yann, c'est la voie qu'il rève de faire sur el cap! Bref, c'est un peu plus d;engagement qu'une grosse sortie de velo. Je parlais de retrouver mes deux loulous de 7mois. Et ça c'est comme la sécurité, ça ne se discute pas, ça ne se négocie pas. Du coup, aussi décevant que ça puisse etre, pour moi la descente était évidente et fut un soulagement total. et non c'est pas que j'avais les chocottes, j'étais en parfaite maitrise là haut, sans angoisse, rien à voir avec la periode qui a suivi l'accident de Mikl où on flippait sur les falaises.
    Pour finir, ca fait bien bien longtemps que le syndrome "il a pas de couilles" ma passe loin au dessus de la motivation. Je fais ce que je sens, du moment que ça me parait safe.Et c'est bien à mon avis la seule manière de jouer le genre de jeux dangereux qu'on affectionne tous tant. Le faire pour soit, dans le moment, pas pour les autres ni pour l'image qu'on à rever de soi-meme.

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  7. Toto, toi t'as toujours pas profité du syndrome de l'humilité en tout cas, la jeunesse ? une paire de couilles à la place du cerveau (non ça je ne crois pas!)?
    Franchement, je n'aurais pas fait de meilleure réponse que celle de Jo.
    Quand tu lis des récits de montagne très généralement ça pue la testostérone, l'égo démesuré. Je trouve ça bien de partager ces moments de doute, ces décisions qui dépassent le simple aspect technique ou physique. Il y a des fois où tu n'as pas/plus envie de jouer parce qu'autre chose prend le dessus. C'est comme ça il faut l'accepter et ne pas vouloir faire par rapport aux regards des autres.
    Le plus difficile dans ces cas là c'est d'être en phase avec le/les autre(s) membre(s) de la cordée et ça c'est pas toujours facile à faire entendre au moment de faire le "bon" choix.

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  8. et bien maintenant je comprend le pourquoi du " ça faisait longtemps que je n'avais plus écrit sur ce blog" y a une légère perte d'humour, une légère prise de"" un peu trop au serieux", après bon si j'ai offensé quelqu'un parce que j'ai manqué de tact....( je m'en excuse m’intéresse sait ce que je pense de lui)
    j'ai pas signé dans les ordres je pensé pas que ce blog était un confessionnal...
    Alors les esprits un peu cul serrés on s'explique sur une "sortie de velo" quand vous voulez!!!

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  9. T'as raison une sortie vélo pour les culs serrés, ça devrait nous dilater l'anus. On garde la selle ou il n'y a que le tube dans ta version.

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    1. Après j'ai envie dire les vannes marrantes c'est comme le sport c'est bien beau e essayer mais faut aussi réussir à la sortir, la vanne marrante... C'est récurrents comme problème ici, ça manque de réussite tant en sport quand vanne je trouve...

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  10. Ah enfin un peu de répartie même si ça reste bas de plafond... Vous retrouvez vos origines en somme!!!

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  11. L'humour n'en sort pas grandi, l'orthographe en sort détruite. J'éspère qu'en meme kill von pas tro regardé ton ortogrffe o bac Toto

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  12. C'est fou comme l échec ne vous fait pas peur... Y a des jours où il vaut pas se sentir obligé de poster les gars, si vous avez pas d'inspiration... Entre les blagues du vélo sans selle, des fautes d' orthographes,... Je me demande quand va arriver une vanne sur le dopàge...
    Tamlou team un doux euphémisme du manque d'originalité!!!!

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  13. Tout ça s'embourbe drôlement.
    L'échec à quoi ? (celui de ne pas avoir le dernier mot avec toi, s'il n'y a que ça pour te faire plaisir dis toi qu'il n'y aura pas d'autres réponses de ma part sur ce post)
    Quel manque d'originalité ? (on devrait peut-être faire un harlem shake, pour être original, quand on se retrouvera tous en mai, ça ne te dit pas ;-))
    On est juste nous, entre nous, dans un espace de partage entre deux côtés d'un même océan, ce n'est pas facebook.

    Il me semble (mais le grand me corrigera si je me plante) qu'au départ il y avait juste l'envie de nous raconter une situation qui n'est pas toujours facile à partager (c'est peut-être le côté confessionnal). Chacun y met ses mots, ses sentiments. Personnellement, j'ai apprécié la lecture de ce moment, ça me renvoie à des situations vécues, à des lieux traversés. Y'a une âme dans ce récit.
    Oui il y a eut des doutes, un échec et alors, dans la vie on ne gagne pas à tous les coups tu devrais le savoir. Assumer ses choix, être honnête envers soi et envers les autres ne sont quand même pas des vices, rassures moi.
    Quant au commentaire qui a déclenché les salves suivantes, il faudrait peut-être juste concevoir que sa lecture n'est pas parfaitement explicite. Pour le coup je l'ai relu plusieurs fois et il pourrait être bon Toto que tu en fasses autant. Parce qu'envoyer les pieds comme ça par écrans interposés pour une connerie pareille c'est quand même bien débile.
    D'autant que derrière t'en remets encore une couche. A chaque fois, il y a la phrase de trop, celle qui fait passer le contenu de ton message pour un tacle au niveau des genoux, y compris sur cette dernière réponse à reprendre les mots de Jo, tu risques de t'attirer ses foudres pour pas grand choses.
    Peut-être que je suis trop vieux, trop con aussi pour comprendre cet humour.

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"Be the change you want to see in the world"
Gandhi
If a man walks in the woods for the love of them half of each day, he is in danger of being regarded as a loafer. But if he spends his days as a speculator, shearing off those woods and making the earth bald before her time, he is deemed an industrious and enterprising citizen.
Henry David Thoreau

“A master in the art of living draws no sharp distinction between his work and his play; his labor and his leisure; his mind and his body; his education and his recreation. He hardly knows which is which. He simply persues his vision of excellence through whatever he is doing, and leaves others to determine whether he is working or playing. To himself, he always appears to be doing both.”
Chateaubriand