samedi 10 novembre 2012

Taghia

On pourrait résumer notre voyage en quelques chiffres :
- 1h de décalage horaire à cause du changement d'heure
- 2h de décalage GTM
- 2j aller et 2j retour pour rejoindre Tende à Taghia
- 7 jours sur place
- 4 jours de pluie dans un pays qui n'est pourtant pas l'Irlande
- 3 balades
- 5 grandes voies pour un total de 2000m d'escalade
- 1/2 journée de repos
- 7 tajines, 3 couscous
- trop de litres de thé à la menthe
- 6 grimpeurs (Jo, Dam, Lulu, Johann, Bibi et Ben en guise de Yann)
- 100kg de bagage dont 3 saucissons
- 30 pastilles de micropur

Dans le détail, c'est un peu différent et les chiffres masquent d'autres réalités, comme souvent.
D'abord, il faut signaler que nous avons choisi le jour le plus simple pour partir à savoir le jour du changement d'heure, évidemment il y a eu des cafouillages Jo et Ben ont réussi à se pointer une heure en avance au RDV à savoir à 23h45 au lieu de 0h45. La nuit fut bien courte pour ne pas dire inexistante.
Une dernière pesée de contrôle pour vérifier que les sacs soient dans les clous et c'est parti pour 3h30 de route.
Dam a bravé la nuit et les éléments (la pluie) pour nous conduire jusqu'à Milan lieu du décollage. Nous autres avons passablement dormi ou tenté de dormir.

Le temps qu'on n'a pas réussi à sauvegarder derrière nos paupières dans la voiture, on l'a récupéré dans l'avion ou dans le 4x4 de transfert.

Atterrissage Marrakech, et sans attendre direction Azilal et Zaouiat Ahansal bout de la "route". On dormira chez Mohamed Amagar avant de repartir le lendemain sous la pluie avec deux mules pour Taghia. 2h sont nécessaires pour rejoindre notre objectif et le gîte de Youssef Rezki sur les hauteurs du village.

On profitera de l'après midi pour faire le tour du propriétaire, jolie boucle autour de L'Oujdad qui nous permet de repérer quelques départs de voies pour les jours suivants.


Comme personne ne connait, on décide d'aller dans ce qui se fait de plus facile histoire de prendre la température des cotations, du rocher, de l'équipement.
Direction donc Le rêve d'Aïcha et Belle et Berbère pour la première journée.
Bilan des courses, le cailloux est juste dément, c'est raide, prisu, avec du grain bref, le coin a été fait pour l'escalade pas de doute. Même la pluie ne nous aura pas.

dans le rêve d'Aïcha

Le deuxième jour pluie et rando par le passage du tire bouchon et l'akka n'tazarte autrement dit le vallon du figuier. Au départ ça devait être une journée cool, finalement se fut une journée très cool mais pas dans le sens relax. Le vallon qui d'habitude se descend à sec à cette période nous a obligé à franchir 52 gués (d'après les syndicats, d'après la police, il y en a un peu moins) Quoi qu'il en soit c'est pas tous les jours qu'on se promène dans cette ambiance "crapahute" entre gens qui avancent et c'est ma foi pas désagréable du tout.




 Retour les pieds mouillés pour presque tous, il n'y a que Jo et Ben qui s'en sortent royalement, les miens ont finis mouillés sur le dernier gué franchi d'une manière on ne peut plus loufoque (Merci Jo pour l'idée) à savoir à bras carrés sur une branche de l'arbre de la rive d'en face, ma grande spécialité.

3ème jour, donc on tournera dans les voies de l'avant veille en jouant à cache cache avec la pluie. Point d'accusation de contexte dans ce séjour. On a tant bien que mal tenté d'optimiser notre temps pour profiter le plus pleinement des lieux, non seulement sur le cailloux mais aussi en réalisant de jolies balades.

 4ème jour avec un départ tardif, on décide quand même d'aller voir ce qui se passe dans l'akka n'tafrawt. Deux cordées iront dans le récent "allumeur de rêves berbères" et la dernière juste à côté dans la classique "Canyon apache".
Trouver l'attaque avec cette eau fut déjà une petite aventure. Quelques pas d'artif (en tire clou) par dessus le canyon pour rejoindre un énorme bloc coincé annonce le départ des voies et la couleur pour la journée. Les voies déroulent relativement bien mais ça fait quand même 320m de haut homogène dans le 6a+/6b du coup certains mettrons un peu plus de temps que d'autres et la descente se finira dans le noir complet. 

Étant partis un peu la fleur au fusil, personne n'avait de frontale. Heureusement Ben et son Iphone nous ont bien sauvé la mise en attendant qu'on découvre que sur les appareils photos il y a avait une option led pour filmer dans la nuit. Au visionnage, c'est tellement noir qu'on y voit rien malgré la led, encore une fois les pieds finiront plus qu'humides.

5ème jour repos avant les choses sérieuses. On en profitera avec Dam et Jo pour aller nous balader au dessus du village en direction d'un col au nord est du village. C'est aussi l'occasion de donner quelques nouvelles par téléphone à nos femmes respectives (encore un coup de l'Iphone). On s'essaiera aussi à la construction de cairn pour le moins tordu, genre Jenga sans enlever de pièces mais en posant les pierres qui vont poser problème au suivant.
Incontestablement, c'est Dam qui a gagné. Le lendemain lever et petit déj pour 5h Inch Allah.


6ème jour pour la première fois depuis le début du séjour le petit dej est servi à l'heure, ouf. Nous ne sommes que 4 à partir ce jour là, direction Baraka, 670m d'escalade que l'on doit à Dutertre. Ben et Johann iront faire de la couenne avec une canadienne rencontrée au gîte.


Que dire sur cette voie, c'est juste énorme, un très beau voyage dans un mur majeur. Merci Bernard. Pour notre cordée Jo assurera la première partie devant, merci kiki. La descente de l'Oujdad vaut aussi son pesant de cacahouètes, les explications de Youssef et notre flaire nous auront bien servies. Retour au gîte bien avant la nuit, trop fort. Cette on avait pourtant tous les frontales.


7ème jour direction le Taoujdad et sa célèbre "Au nom de la réforme".
Johann restera au village en profitera pour redescendre à Zaouiat faire le tour du souk et nouera de vrais contacts avec la famille de Youssef. Là encore c'est une classique et on comprend pourquoi. L'affaire est rondement menée malgré des changements de leader dans notre cordée de 3. On profitera de la soirée pour faire les sacs et distribuer quelques vêtements apportés pour l'occasion.
8ème jour  la pluie est de retour et avec elle les mules pour transporter une partie de nos affaires.

Si tout va bien un 4x4 identique à celui de l'aller nous attend chez Mohamed pour nous reconduire sur Marrakech, Inch Allah. En guise de 4x4 pour 6 personnes avec de gros sacs, on hérite d'un toyota flambant sans galerie, sans coffre et ne pouvant contenir que 5 passagers. Il fallait bien qu'on goute aux aléas organisationnels du Maroc. On commencera le retour comme des sardines dans une boite avec quelques sacs sur le toit ce qui n'est pas du tout du goût du chauffeur pour finir à Azilal toujours comme des sardines mais cette fois avec tous les bagages à l'intérieur. Notre brave chauffeur aura pris le temps d'améliorer notre retour en contactant un collègue à lui ayant un minibus. On finira donc le trajet d'Azilal à Marrakech avec 14 places pour 6 personnes et ça sans supplément de coût puisque l'erreur ne venait pas de nous. Sacré Youssef le minibus était le sien. Au lieu de vouloir séparer les différents prestataires j'aurais mieux fait de tout gérer avec lui. Finalement arrivée sur Marrakech pour 18h, encore un petit stress pour trouver l'hôtel que nous a réservé Youssef en nous faisant profiter d'un prix avantageux, et nous voilà au milieu de la place Jeema El Fna. Ambiance souk de grande ville garantie.

Le voyage du retour aura été l'occasion de réfléchir à d'autres projets communs mais ça c'est secret défense pour l'instant.

Encore plus de photos sur l'album picasa, Inch Allah !!

6 commentaires:

  1. JE suis un peu sans voix. Le quartier a l'air fabuleux, et l'escalade exactement dans le genre qui me plaît bien. Celle là je suis vert de l'avoir ratée. J'espère qu'un de ces jours...
    J'attends plus de photos, notamment des couscous et tajines!!!

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  2. Exactement ce qui te plairait, je confirme mon kiki.
    Si un de ces jours t'es partant fait signe ce sera avec plaisir, mais de chez toi le tarif du billet n'est pas le même.

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  3. c'est vraiment enorme comme endroit et je crois que vos kern en porte a faux ne font guère impression face au sentier suspendu des berbères!!!
    Après le maroc ( comme plein d'autres pays plus ou moins éloignés) ça se traverse très bien a vélo aussi, moi je dis ça je dis rien...

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  4. Et ben mes cochons, vous vous etes bien fait plaisir sur le coup.
    La Baraka et "Au nom de la reforme" ont l'air fabuleuses!
    En plus y'a l'air d'y avoir de beaux canyons dans le secteur.

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  5. Easy Poulet Jet s'occupe même du compte rendu illustré de vos vacances ! Alors un grand merci poulet pour la mise en place de tout ça, un grand merci à vous 5, collègues, pour le déroulement sans accrocs de cet amical séjour, un grand merci à la tectonique et aux différents facteurs d'érosion pour le land art', un grand merci aux sympathiques et gastronomes berbères, sans oublier les ouvreurs/équipeurs bien sur.
    Et a vite pour de nouvelles aventures !

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  6. Avec les nouvelles photos la galerie picassa es maintenant vraiment belle. Un goût de convivialité évident, des épices d'aventure, particulièrement du fait que tous les canyons étaient gorgés, de la hauteur et un rocher d'une compactitude superbe. Bon, c'est un peu tout orange-marron dans cette région, mais ça c'est vraiment pour trouver une critique!

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"Be the change you want to see in the world"
Gandhi
If a man walks in the woods for the love of them half of each day, he is in danger of being regarded as a loafer. But if he spends his days as a speculator, shearing off those woods and making the earth bald before her time, he is deemed an industrious and enterprising citizen.
Henry David Thoreau

“A master in the art of living draws no sharp distinction between his work and his play; his labor and his leisure; his mind and his body; his education and his recreation. He hardly knows which is which. He simply persues his vision of excellence through whatever he is doing, and leaves others to determine whether he is working or playing. To himself, he always appears to be doing both.”
Chateaubriand