mercredi 2 février 2011

Fun et mélange des styles

Patrick Berhault répétait souvent qu'avec de l'imagination l'aventure pouvait être trouvée dans les Alpes. De quoi parle-t-on en utilisant ce mot magique qui peut nous ouvrir des univers ou nous enfermer dans un bocal par son absence?
En ce mois de janvier plutôt clément sur Boulder, je n'ai pas manqué une seule journée d'enfourcher mon vélo, pour de cours trajets entre les différents lieux où je travaille, nage ou grimpe. J'ai toujours eu du plaisir à commencer la journée en sentant les vibrations de l'air, en me gorgeant des premiers rayons de soleil. Les automobilistes m'apparaissent alors plus encore comme des sardines dans leur boîte métallique, déconnectés du monde. Je me souviens d'une collègue à Palo Alto qui m'avait affirmé que le printemps précédent avait été très sec alors que trois mois durant j'avais enduré la pluie quasi quotidienne. Du parking à l'école, du char à chez elle elle avait dû passer à travers les gouttes.

Alors certes certains matins hivernaux du Colorado comblent bien vite mes attentes d'air frais. Mais alors que je rentrais de cours il y a deux semaines sous une tempête de neige qui étouffait reliefs, lumières et sons, je me suis demandé où était la différence entre cette demi heure d'euphorie (contenue tout de même) et une journée de ski en station passée en grande partie à faire la queue ou assis sur un télésiège qui n'offre même pas le loisir de pédaler pour se réchauffer? Si ce n'est que je n'avais pas eu le loisir de débourser 90 dollars pour profiter de la tempête, et qu'en plus, éventuellement, j'économisais à l'atmosphère quelques grammes de CO2. Il y a derrière tout cela des normes jamais vraiment questionnées. Il est fun de passer une journée sous la neige dans un supermarché de la montagne, mais le fun a vite disparu lorsqu'il s'agit de subir les éléments (de jouer avec?) à l'échelle du quotidien. Le quotidien c'est la torpeur, la contingence, pas le fun. Ou bien tous s'étaient-ils ligués pour me faire plaisir; car malgré mon extrême lenteur en terrain piégé, j'avançais toujours plus vite que tous ces automobilistes dans leurs énormes engins aux quatre roues motrices, seulement motrices, pas pensantes!

Dans cette même catégorie des fautes de goûts, que j'ai à une époque un peu partagé, il y a aussi l'amour du fitness qui conduit dans leurs chars thermiques les adeptes de la bonne santé vers des salles de sport. A Palo Alto encore, ma colloque, fervente fitnesseuse, trouvait tous les matins une bonne raison d'esquiver son vélo pour se rendre à l'école, à 10min de chez nous, ou encore au moment de se rendre à la salle, pour courir sur un tapis roulant en face d'une télé.

Faute de goût encore? Il fait -15 au meilleur moment de la journée depuis trois jours. Combien de wagons de charbon il faut pour rendre possible que quelques allumés triathlètes puissent nager en extérieur. Nager en extérieur dans le Colorado toute l'année, vraiment?

Ce matin le -25 a eu raison de mes ardeurs vélocypédiques. J'ai déjà du mal à marcher, il y a une limite à tout. Mais il y a trois jours j'ai bien ri. Comme prévu la température a chuté en 12 heures d'une vingtaine de degrés. Pluie fine dans la soirée de dimanche, -5 au réveil lundi matin. Mon vélo à l'abri sous l'escalier, protégé lui aussi, je ne m'étais pas encore rendu compte de l'état de la chaussée. Lustrée, marbrée, couverte à 100% d'une fine couche de glace parfaitement meuble. Une fois seulement j'avais vu ça à Tende un 2 janvier après qu'il ait plu des cordes et qu'en pleine nuit le ciel se soit totalement dégagé. Il m'aura pas fallu 50 m pour mordre la poussière, ou la glace plutôt. A la première sortie de véhicule coupant le trottoir ma roue avant prit la tangente. Bien trois mètres de glissade plus loin, et sans un accroc sur ma doudoune (parfaite la glace!!) je me suis relevé, réveillé. Il était 6h30, et le chemin vers la piscine allait être bien long! C'est pas croyable comme les bords de la chaussée penchent vers la droite. Une fâcheuse tendance à regarder vers le caniveau, une pente de 2% peut-être qui tout du long a tenté de convaincre ma roue avant de repartir en glissade. Mais cette fois, au souvenir de mon premier vélo, j'avais sorti les roulettes, un stabilisateur en 49 de chaque côté après quelques coups de pédale. M'a bien fallu une demi heure au lieu des 15 min habituelles, et jamais l'eau du bassin ne m'avait paru aussi chaude. Peut-être parce que j'avais encore l'onglet en entrant dans l'eau? Fun. Une petite aventure qui brise la monotonie nonchalante du quotidien.

Redéfinir la notion de confort et désenclaver le fun de son carcan de loisir, deux pistes mineures pour vivre heureux et économiser un peu d'or noir?

10 commentaires:

  1. Voilà en effet une manière positive de vivre une situation.
    Ce qui est "fun" dans ton histoire ce ne sont pas tant tes aventures que la manière dont tu nous les narres. Avec un peu d'imagination, pas mal de bonne humeur et une franche volonté, on est capable de trouver du "fun" dans beaucoup de situations quelles soient de loisirs ou non.
    Le loisir comme le travail peut devenir aliénant et pour le coup un peu de "fun" permet de ne pas tomber dans la routine.
    Berhault a raison pas toujours la peine d'aller chercher loin l'aventure, ouvre ta porte, ouvre tes yeux et ton cœur et en avant, que ce soit pour tes loisirs ou ton boulot.

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  2. tu fais bien de t’entraîner un peu au vélo car je viens de rentrer du test d'effort et mon petit si on a l'occasion de se croiser au détour d'une route sur nos deux belles montures je te promet une grande résistance.

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  3. Ouaip, nique le foehn blada, a cause de lui on a que 20 cm de fraiche de ce coté ci alors que ces pédés de rital se sont goinfrés 80 cm au dernier épisode...

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  4. vous me faites bien marrer tous les deux!!!
    le ch'tit qui croit que le test à l'effort l'a rendu apte à l'effort (oui, on a jamais vraiment fait d'effort ensemble, enfin, moi en tout cas). Vivement qu'on aille faire un peu d'effort tous les deux!!
    Et le Jo qui se plaint d'en avoir que 20 cm. Avec 20 cm y'en a pas mal qui seraient déjà bien contents!! Quand aux italiens, qui prétendent avoir 80 cm, ils ont trop regardé Rocco, que du vent!!

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  5. Et puis l'Italie, c'est pas comme s'il fallait traverser l'océan pour y aller!!!!!

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  6. laurent pour me battre il faudrait que tu fasse 500watts au seuil et même certain cyclistes pro malgré toute l'aide de leur pharmacien n'arrivent pas ce score

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  7. Donc tu est plus fort que certains cyclistes pros dopés c'est ce que tu nous annonces?! Tu devrais revenir passer l'été ici que je puisse m'entrainer dans ta roue en sur vélocité, comme les gars qui s'entrainent derrière les voitures ou les mobylettes!!!

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  8. non mais j'annonce pas que je fais 500 watts c'est toi qui en a déduit ça moi je te rappelle juste que je suis dans la période ou je fais la moitié de ton poids!!!
    sinon je serai ravi de te permettre de rouler dans ma roue de VTT monsieur!!
    au fait tu devrais faire un peu gaffe car a lancer des invitations de séjours à la volée tu pourrais te retrouver avec deux grands Boulangers dans ton salon !!!

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  9. he p'tit gars. D'ici quelques semaines j'aurai décidé si je passe l'été ici, ce qui est très probable. Tu viens si tu veux, moi j'suis près à passer le même été. Et j'ai vu avec Sarah, elle est d'accord aussi!!

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"Be the change you want to see in the world"
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If a man walks in the woods for the love of them half of each day, he is in danger of being regarded as a loafer. But if he spends his days as a speculator, shearing off those woods and making the earth bald before her time, he is deemed an industrious and enterprising citizen.
Henry David Thoreau

“A master in the art of living draws no sharp distinction between his work and his play; his labor and his leisure; his mind and his body; his education and his recreation. He hardly knows which is which. He simply persues his vision of excellence through whatever he is doing, and leaves others to determine whether he is working or playing. To himself, he always appears to be doing both.”
Chateaubriand